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Délit de solidarité

2009-04-17 16:17

Il y a certaines choses qu'on croyait d'un autre âge et qui pourtant sont bien réelles aujourd'hui.

Ainsi, jamais je n'aurais imaginé qu'en France l'aide au sans-papier était illégale. Là-bas, on ne peut donc pas «*faciliter ou tenter de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France*» à moins de risquer une peine de cinq ans de prison et une amende de 30 000 euros. Si vous agissez en bande, c'est alors deux ans prison et 750 000 euros d'amende que vous risquez. L'an passé 4300 personnes ont été interpellées pour avoir commis ce délit de solidarité (comme on dit en France).

Plus étonnants encore, c'est ce que j'ai appris chez maitre eolas : Nicolas Sarkozy trouve ce nombre trop petit et demande à son ministre de faire grimper ce chiffre à 5000 interpellations pour 2009.

Déjà, je suis choqué qu'on ose imposer des quotas pour les délits, ce n'est pas nouveau mais c'est pour moi un signe qui ne trompe pas : ces gens ont une vision complètement à l'opposé de la mienne de ce qu'est la justice.

Ensuite, ça me rapelle que le sort des sans-papier chez nous n'est toujours pas réglé principalement parcequ'une ministre ne veut pas prendre de décision qui déplérait à son électorat à quelques jours des élections. Quant à la situation de l'étudiant camerounais en 3ème tech à l'UCL, elle est tout simplement incroyable et les récriminations de Freddy Roosemont (directeur de l'office des étrangers) entendues ce matin sur la première ne l'ont pas fait remonter dans mon estime (comment peut-on faire un job pareil, ça me dépasse).

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